Pourquoi Cozy ne sera pas le prochain Google — Retour de MyData

On me pose souvent la question suivante : “ Comment envisagez-vous de remplacer l’approche de Google sans devenir vous même le prochaine Google ?”

Alors que j’étais sur scène à Tallinn et à Helsinki récemment pour la conférence MyData 2017, j’ai choisi de répondre à cette question. Tout d’abord, mettons-nous d’accord : nous ne souhaitons pas la fin de Google en tant qu’entreprise. Nous pensons par contre que le modèle de Google est toxique pour la société : récolter des données personnelles pour profiler des gens en vue de leur afficher de la publicité ciblée — et c’est le lanceur d’alerte Edward Snowden qui l’explique — est ce qui rend économiquement possible la surveillance de masse.

Cela dit, les données personnelles sont indispensables pour proposer aux utilisateurs ces services personnalisés dont on a tant de mal à se passer. Comment peut-on offrir de tels services sans que cela soit au détriment de la vie privée ? C’est exactement ce que veulent faire Cozy Cloud et d’autres services dit de PIMS : offrir des solutions qui permettent à chacun de reprendre la maitrise de leurs données personnelles. Il y a pourtant des différences importantes dans la manière de procéder entre ces projets et les géants de l’Internet. Passons-les en revue :

Décentralisation

Dans notre approche, les données personnelles sont stockées dans des clouds personnels. Ces clouds peuvent être auto-hébergés, pour peu que vous disposiez des connaissances pour le faire. Autrement dit, vos données pourraient être hébergées sur un ordinateur situé à votre domicile et connecté à Internet via votre connexion haut-débit. Une autre possibilité est d’avoir cette machine et ses données chez un hébergeur qui gère la machine pour vous. C’est là toute la beauté de cette approche : si votre solution actuelle ne vous convient pas, il est possible de changer de solution et d’y déplacer vos données pour disposer de fonctionnalités comparables. Les clouds personnels sont beaucoup moins centralisés, ce qui implique qu’ils rendent la surveillance de masse beaucoup plus compliquée qu’avec un modèle centralisé comme celui des géants de l’Internet.

Logiciel libre et code ouvert

Dans un tel contexte, une des principales préoccupations est de disposer d’un système dans lequel on peut avoir confiance : comment être sûr que mes données ne vont pas être utilisées d’une façon contraire à mes intérêts ? J’ai besoin de faire confiance dans l’entreprise à qui je confie mes données, et de savoir qu’elle va protéger ma vie privée. Mais franchement, j’ai lu beaucoup trop de privacy policies qui affirmaient «votre vie privée est importante pour nous» avant de tomber deux pages plus bas sur une phrase expliquant que mes données seraient communiquées à des tiers. Comment avoir confiance, alors ?

C’est exactement pour cette raison que Cozy est un projet libre et open-source sous licence AGPL (Affero General Public License, une licence de logiciel libre pour les fournisseurs de services en ligne).

Pour faire simple, il faut savoir qu’en faisant du logiciel libre, nous devons publier le code source de notre logiciel. Ainsi, les gens peuvent vérifier que notre logiciel fait bien ce qu’il dit qu’il fait. Bien sûr, tout le monde n’a pas forcément envie de lire du code source (c’est pas toujours super excitant !), cette approche apporte de la transparence quant à ce que fait le logiciel, ce qui encourage la confiance : si Cozy commençait à faire des truc pas sympas avec notre logiciel, les gens le remarqueraient parce que ça serait évident. C’est exactement pour ça que Cozy ne le fera pas.

En substance :

Dans l’après Google, l’Internet devra être décentralisé et tourner avec du logiciel libre ! - Cliquez pour le tweeter

Pourquoi choisir Cozy aujourd’hui ?

Chez Cozy, nous pensons qu’en faisant de l’Internet décentralisé et du logiciel libre, nous aidons à rendre Internet aussi génial qu’il l’était avant (Make Internet Great Again, dans la langue de Snowden!). Nous voulons créer des systèmes qui sont vraiment au service des utilisateurs, et pour cela la décentralisation et le logiciel libre sont vitaux. Oh, et si d’aventure les géants d’Internet veulent changer leur approche et adopter la notre, ils sont les bienvenus à bord…. du moment qu’ils renoncent à récolter des données personnelles à l’échelle de la planète entière !