Faut-il démanteler Google ? demande le Tribunal des Générations Futures

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Il y a quelques jours, j’étais invité par l’excellent journal Uskeb et Rica à témoigner dans le cadre d’une spectacle au format procès au service des générations futures. C’est un spectacle qui permet d’aborder des sujets sérieux sans se prendre au sérieux. La question du jour était : faut-il démanteler Google ?[1] Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, porte-parole de Google, était dans le box des accusés pour répondre des chefs d’accusation suivants :

  • Abus de position dominante
  • utilisation abusive de données personnelles
  • fraude fiscale et
  • transhumanisme.

Pour ma part, j’étais invité à témoigner en quoi la collecte massive de données personnelles par Google était un danger pour les générations futures. Le “procureur” m’a posé les questions suivantes. Voici les réponses que j’avais prévu d’apporter :

Question : en quoi Google est une dictature soft ?

Aujourd’hui, les gens utilisent les différents services de Google sans vraiment les choisir. Vous achetez un mobile Android comme 85% des gens ? Il vous faut un compte Google et toutes les applications Google sont pré-installées. Vous utilisez un navigateur ? La plupart viennent pré-paramétrés avec Google et les gens ne savent pas changer les paramètres. Même l’iPhone d’Apple est pré-paramétré pour faire des recherches avec Google. Grâce à ses services et applications, Google récupère toutes nos données personnelles. Il lit nos messages, sait sur quoi on s’interroge, connait nos rendez-vous, piste nos déplacements avec Google Maps, regarde nos photos de famille avec Google Photos. Quand on utilise Chrome et grâce à Google Analytics, il sait sur quels sites on va et combien de temps on y passe. Mais je vous rassure (ou pas), c’est à peu près pareil avec Facebook.

Ces services, ces applications, ces téléphones mobiles sont en fait des chevaux de Troie destinés à capturer nos données personnelles. Le pire, c’est avec les smartphones, où nous faisons pire que les troyens : nous payons le cheval de Troie une petite fortune !

Et puis vient ensuite le problème de la centralisation de ces données personnelles dans les mains de quelques très grandes entreprises comme Google et Facebook.

En juin 2013, le lanceur d’alerte Edward Snowden révélait au monde que son employeur la NSA voulait espionner tout le monde entier. C’est devenu possible parce que nous confions nos données à ces géants de l’Internet, qui passent leur temps à collecter et analyser nos données personnelles. Ainsi, la NSA et consorts n’ont plus qu’à récupérer les résultats soit légalement soit illégalement.

En fait, s’il fallait résumer les révélations Snowden en une seule phrase, c’est que la centralisation des données personnelles rend économiquement possible la surveillance de masse. En fait, les consommateurs, en utilisant des smartphones sous Android et les services gratuits de Google et de Facebook, sont des idiots utiles de la centralisation des données. Et à leur tour, les géants d’Internet, Google en tête, sont les idiots utiles de la NSA.

On pourra toujours objecter que cela importe peu, qu’on n’a rien à cacher. Et pourtant ! Ca n’est pas un hasard si la surveillance est l’outil des dictateurs, si l’Allemagne de l’Est avait la Stasi pour que ses citoyens se tiennent à carreau et si la Chine est en train de mettre en place un outil de social scoring qui attribue une note publique en fonction du comportement en ligne des individus et de leurs fréquentations en ligne. La surveillance, c’est une façon d’imposer la conformité de chaque individu, de mettre une prison dans la tête de chacun, et Google favorise l’avènement de la surveillance de masse. C’est pour ça qu’il faut démanteler Google et inventer une alternative plus éthique et plus citoyenne.

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Cozy Cloud se présente comme étant un acteur numérique de la génération d’après Google. C’est à dire ?

Chez Cozy Cloud, nous faisons un cloud personnel, c’est à dire un endroit privé où vous pouvez stocker vos données personnelles en toute confidentialité.

Comme Google Drive, vous pouvez sauvegarder vos documents, qui seront synchronisés sur vos appareils et vous pouvez les partager avec qui vous voulez.

Là où c’est très différent, c’est que si vous le souhaitez, vous pouvez même avoir vos données dans un petit ordinateur comme celui-ci, que vous pouvez garder chez vous, connecté à votre box ADSL.

Du coup, c’est un système décentralisé, ce qui rend très compliqué la mission de la NSA qui veut récupérer les données de tout le monde.

Grâce à un système de connecteurs, vous pouvez aussi importer vos données qui sont stockées chez des tiers, par exemple votre facture EDF, votre consommation électrique, votre facture SFR et votre consommation téléphonique, etc. De plus, vous pouvez installer des applications pour utiliser ces données.

Cozy Cloud est éthique, car il repose sur du logiciel libre, un logiciel que chacun peut modifier et auditer et donc dans lequel il peut avoir confiance.

Cozy Cloud est éthique car il ne repose pas sur la publicité ciblé, qui consiste à tout savoir des individus pour monétiser cette information auprès des vrais clients de Google, ceux qui payent, à savoir les annonceurs publicitaires.

En bref, Cozy c’est l’antithèse de Google, c’est un cloud personnel dont vous avez la maitrise complète, pour reprendre la main sur vos données personnelles.

C’est plus puissant que Google, sans les défauts de Google, et véritablement au service de l’individu, pas des multinationales, ni des dictateurs.

Note

[1] Voir aussi l’émission de France Inter.